14.05.2012
Agir sur l'International
Les retraités et les seniors qui sont engagés dans le bénévolat savent qu’ils contribuent significativement à leur propre l’épanouissement personnel conjointement à un engagement qui les rend disponibles à des initiatives de développement social.
Une association comme AGIR qui regroupe des seniors, permet à ses membres d’offrir leurs compétences, leur vécu et leur expérience, autant dans un cadre national que dans un cadre international.
Ce type d’action ne revêt de véritable valeur que s’il est conditionné par une éthique forte, éthique qui s’appuie sur une volonté permanente de promouvoir progrès social, économique et culturel, thèmes dans lesquels l’association puise les facteurs clés de toute action solidaire.
Cette éthique est concrétisée dans une charte qui définit un mode de fonctionnement basé sur :
- Une volonté de rendre disponible aux populations défavorisées l’expérience de ses membres dans un cadre d’un partenariat et d’une démarche collective.
- Une volonté de tolérance et de neutralité, tant politique, que confessionnelle, que sociale, que culturelle.
- Une volonté de considérer son statut de bénévole comme une opportunité d’apporter sa compétence et son expérience pour précéder ou compléter des actions exercées par des organismes sociaux ou marchands. En aucune manière, il ne peut-être envisagé de se substituer à des emplois rémunérés.
AGIR intervient là où elle peut « favoriser, susciter et développer, tant en France qu’à l’étranger, et plus particulièrement dans les pays en développement, toutes actions d’intérêt général, de progrès et de développement, de type humanitaire, culturel ou économique auxquelles les adhérents ont vocation à concourir, volontairement et bénévolement, par leur expérience et leurs compétences professionnelles » (extrait des statuts de l’association).
Sur un plan international, cette forme de bénévolat de compétence exercée par des seniors se présente en tant qu’aide, accompagnement et soutien dans des interventions de coopération décentralisée qui ont pour objet de
- Participer à l’expansion sociale par le transfert des connaissances et la formation professionnelle, de la formation des enseignants locaux, de l’aide à la création d’écoles, de l’appui en matière de santé, de développement rural..
- Promouvoir et maintenir l’emploi en apportant une assistance active par un transfert de connaissances ou comme agent facilitateur dans la recherche d’acteurs et de ressources économiques, financières ou techniques pour renforcer des structures ou des organisations en place ou en devenir.
- Accompagner les pays émergents pour aider à formuler, à donner une réalité et surtout à mettre en place les conditions nécessaires pour qu’un projet de développement soit pris en charge par leurs initiateurs.
Agir sur des demandes internationales, c’est, donc, fournir les réponses qualitativement les mieux adaptées aux demandes exprimées, c’est ensuite mobiliser le plus grands nombre d’adhérents avec toute la diversité de leurs compétences, et c’est enfin, vouloir renforcer l’efficacité et la notoriété de l’association .
Il faut prendre, aussi, finement en compte les spécificités socio-culturelles du pays ainsi que des liens que ces pays ont avec les collectivités territoriales dans le cadre des coopérations décentralisées.
Il faut également pouvoir apprécier la réalité de la demande et se donner les moyens de l’intégrer en prenant appui sur deux principes très simples :
- AGIR n’interviendra que, seulement, et seulement si une demande est formulée par les initiateurs d’un projet.
- AGIR n’interviendra que pour le temps nécessaire à la prise en charge par les initiateurs de leur projet.
Cette association s’inscrit donc pleinement dans un concept de développement durable dont je rappelle l’objectif :
« Répondre aux besoins du présent, sans compromettre la capacité pour les générations futures de satisfaire les leurs. »
14:21
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03.05.2012
La schizophrénie à visage social
Il y a longtemps que je n’ai plus écrit de billet.
Cela fait également longtemps que je n’ai plus parlé du Mali. Alors qu’un mal étrange ronge actuellement ce pays, cher à mon cœur.
Suite à une insurrection, le nord du pays se trouve en sécession. La population en plein désespoir cherche par tous les moyens à se réfugier dans des zones plus sécurisées. Et dans le même temps, des militaires maliens ont voulu exprimer leur désarroi à Bamako dans une mutinerie.
Selon un expatrié de retour de Bamako, si « le putsch du 22 mars a posé quelques problèmes aux Maliens, c’est du passé. Au Mali tu n’as pas le choix, il faut travailler pour vivre et avoir quelque chose de consistant dans ta gamelle le soir venu ».
Sans vouloir contester ces propos émis par une personne qui a une connaissance du Mali, je dirai aussi tout simplement que la faim peut être une mauvaise orientatrice. Dans le nord du pays, comme dans d’autres régions en détresse, pour survivre, il est nécessaire de flatter la main qui tient le fusil. Une bande armée endoctrinée par son pouvoir s’enivre dans sa propre barbarie.
Depuis le 30 avril, ce qui a posé quelques problèmes au Maliens devient une tragédie pour qui que ce soit.
Je voudrais exprimer ma tristesse, c’est la seule chose que je m’autorise à dire. Tristesse devant ce drame qui touche un pays qui ne l’a pas demandé. Un pays qui a une longue histoire, une culture riche et distillée dans le monde entier, un pays qui a pu chasser ses démons chaque fois qu’ils se sont présentés, un pays honorable et respectable avec un peuple honorable et respectable.
Je pense à mes amis qui sont là-bas auxquels je ne peux adresser que des mots de soutien. C’est bien peu, je l’avoue, mais c’est la seule chose que je puisse faire.
La Mali comme tous les pays de la région sahélienne subit aussi des problèmes de carence hydrique et de carence alimentaire. Si on ajoute à cela cette schizophrénie sans but, on tombe dans un scénario catastrophe.
Pour le reste, je ne peux rien dire car il y trop d’incohérence dans cet événement, il y a trop de divisions, entre le nord et le sud, entre les factions qui sévissent dans le nord, entre le Mali et l’ensemble de la communauté africaine, entre les pouvoirs à Bamako. Toutes ces incohérences ne s’inscrivent pas dans l’histoire du pays sauf si on invoque une main invisible.
Amis maliens je fais confiance à votre sens de la démocratie, quelle que soit la solution retenue.
Quand je parlais de scénario catastrophe, j’évoquais principalement la catastrophe humanitaire que cela amplifie d’autant plus qu’elle est médiatisée dans la zone tenue par les rebelles mais parfaitement tue dans l’intérieur du pays.
Je pense à ces fameux « Objectifs du Millénaire pour le Développement » qui avaient pour but d’éliminer la pauvreté en 2015. Je sais que les résultats atteints à ce jour ne sont pas à la hauteur des espoirs. On en trouvera une analyse sur le site dédié de l’ONU.
Une des principales causes de ces retards réside dans l’ambition trop impétueuse des grandes organisations internationales mais aussi dans un trop grand laxisme des pays bénéficiaires.
La guérison passe par un traitement thérapeutique mais aussi par une prise en main personnelle du traitement. La coopération au développement a longtemps été une assistance aux pays émergents, assistance faut-il le dire relativement intéressée.
Encore une fois mes vieux principes éculés de formation et d’accompagnement me viennent à l’esprit. Il faut pouvoir travailler avec un partenaire ou mieux avec un associé pour traiter des problèmes épineux. Il faut établir une relation d’égal à égal et avoir la volonté de s’effacer le moment venu. Il faut aussi admettre que c’est le pays intéressé qui ressent le malaise et qui doit pouvoir l’exprimer. Il doit donc avoir l’initiative de la demande.
Le Mali a développé des institutions remarquables comme l’ANPE, l’APEJ, le FAFPA et bien d’autres que je ne peux énumérer ici. Mais avaient-ils vraiment l’autonomie suffisante pour mettre en œuvre une stratégie opportune ?
Mais je reste confiant, dans la mesure, où les principes directeurs sur l’efficacité de l’aide évoluent vers une volonté de partenariat.
Je reste un rêveur peut-être mais solidaire surement et critique aussi.
13:39
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19.04.2012
Le temps du travail
Le journal Le Monde s’est fait récemment l’écho d’une enquête menée par l’Observatoire de la Parentalité en Entreprise en avril 2012 (Baromètre 2011 de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale).
Le principal enseignement de ce sondage montre que « la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle reste une préoccupation essentielle des salariés et fait l’objet d’une attention croissante dans les entreprises ».
Le même article fait référence à une autre enquête menée par Technologia (organisme spécialisé dans la prévention des risques professionnels) en partenariat avec la Mutuelle UMC en mars 2012 sur les effets du travail sur la vie privée.
Elle fait état, dans les préoccupations des personnes interrogées, d’un « déchirement entre l’importance qu’ils accordent à leur travail et celle qu’ils essaient de donner à leur vie privée ».
Ces deux études mettent en évidence, chacune à leur manière, la nécessité de l’aménagement du temps de travail ainsi que la complexité de sa gestion dans l’espace de vie de tout un chacun. Elles insistent aussi sur le fait que les espaces de vie privée et de vie professionnelle et sociale ne sont plus étanches.
Ces résultats ne relèvent pas du scoop. Déjà dans les années 80, ces thèmes ont fait l’objet de nombreuses réflexions qui débouchaient sur les mêmes conclusions. On les retrouve pratiquement toutes dans une plaquette écrite en 1989 par Olivier du Roy à la demande de la Fondation Européenne pour l’Amélioration des conditions de vie et de travail, intitulée « Towards a general policy on time ».
J’ai personnellement participé à la mise en place d‘un autre type d’aménagement de temps de travail dans des métiers postés où la pénibilité due aux nécessités d’un horaire continu dans un environnement lourd (coulée continue en aciérie, en verrerie, en papeterie) demandait un autre schéma d’organisation du travail en équipe. On sortait du classique 4 équipes (matin, après-midi, nuit, repos) pour s’orienter vers un schéma basé sur la mise en place de 5, voire 6 équipes. Ce mode d’aménagement offrait plus de souplesse dans la recherche d’un meilleur équilibre entre temps de travail et temps de repos ainsi qu’entre travail de jour et travail de de nuit. Il offrait aussi une autre alternative au problème du chômage, déjà crucial dans les années 80. Par une réduction des heures de travail, il permettait aussi de mieux partager le travail en obligeant de recourir à des travailleurs potentiellement en recherche d’emploi.
L’air du temps actuel ironise avec la réduction du temps de travail ou avec ce qu’on appelle les 35 heures, sous prétexte de manque de productivité.
Mais ne l’oublions pas, les 35 heures voulaient aussi résoudre le problème de l’emploi par le partage. S’il faut 420 heures pour réaliser quelque chose, on peut soit employer 11 salariés en régime 38 heures ou 12 en régime 35 heures. Soit un salarié en plus.
C’est donc optimiser la carence du temps de travail disponible due à une raréfaction de la demande pour que plus de personnes puissent entrer dans un cycle actif.
Les problèmes de la pénibilité des métiers lourds étaient aussi abordés dans cette optique.
Mais évidemment, il y a des dérives, et elles apparaissent en général quand les problèmes n’ont pas été traités comme un projet participatif.
Lorsque nous traitions les problèmes d’aménagement du temps de travail en équipes postées et régime continu, tous les aspects de la question étaient traités avec un groupe de représentants des travailleurs, de l’encadrement et de la direction, productivité, grille horaire, problème des congés annuels, impacts de la saisonnalité, répercussions salariales. Et ceci à partir d’un cahier des charges qui avait été défini de commun accord avec tous les acteurs. Au bout du traitement, la solution la plus adaptée aux hypothèses de travail était soumise à un vote, pour être appliquée.
C’est une étape nécessaire et fondamentale qui recourt encore une fois à la logique de projet.
Nous avons un jour été consultés par une compagnie d’assurance. Celle-ci, spécialisée dans l’automobile, accusait des retards conséquents dans la production de ses contrats. Seulement elle avait mis en place un système de réduction du temps de travail qui donnait beaucoup de liberté à l’employé pour récupérer le trop plein d’heures prestées. Lorsqu’arrivait le mois de mai, qui est un mois propice aux week-end prolongés, il y avait une carence grave du personnel et une crise tout aussi grave sur les résultats de la production.
Cette forme de réduction de temps de travail avait bien été discutée en comité du personnel sans prendre tous les impacts possibles en compte.
Il a fallu mettre en place avec tous les acteurs un nouveau projet qui englobe les desiderata de productivité et d’organisation de la compagnie et les besoins d’équilibre et d’optimisation des conditions de travail pour sortir de l’impasse.
17:38
Publié dans Développement, Formation et développement, Logique de projet |
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