09/04/2014

Le changement est dans les prés.

Nous avions déjà largement évoqué le thème de la formation comme élément moteur de l’action d’autonomisation des femmes.

« Ce qui est important, c’est de faire accéder les femmes à l'autonomie financière et à la responsabilité citoyenne, dans une relation plus équitable avec les hommes au moyen d'une formation globale, visant autant le développement personnel que la performance technique ou économique. »

Mais il faut aussi assurer le rôle de la femme en tant que co-actrice du développement de leur communauté et les inscrire dans un courant durable.

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« Le développement, en plus de sa dimension technique et économique, doit également porter aussi tout ce qui fait la dimension humaine, c.à.d. l’affectif, le relationnel, le communautaire, le religieux. » (cfr le journal La Croix du 6 avril 2014, « Peuples de prêtres, peuple de rois, assemblée des saints »)

Un schéma de développement en milieu rural doit s’appuyer sur des options simples et pérennes.

Elles concernent l’irrigation, les méthodes agricoles, le choix des graines, le stockage, les méthodes d’élevage, les systèmes d’alimentation du bétail, les problèmes vétérinaires, la conservation des aliments, les méthodes d’embouche, etc.

Elles vont aussi concerner l’environnement par la nécessité de mettre en place des structures professionnelles également génératrices de revenus, tels que forge, moulins, production de fumure organique, circuits d’approvisionnements et de stockage des produits consommables, entretien des pistes, entretien des circuits d’irrigation, etc.

Elle doit aussi intégrer toute la communauté qui en sera la principale bénéficiaire. Car elle définit son propre avenir et son rôle social, économique et technique.

Mais au-delà de tout cela, il y a la nécessité d’assurer la transition d’une activité individuelle vers une activité collective où les connaissances de chacun s’ajoutent les unes aux autres pour devenir un savoir collectif qui s’enrichi dans les expériences.

Socialement, il faut permettre de rééquilibrer les rôles des femmes et des hommes et engager une stratégie d’affranchissement de la femme des stéréotypes véhiculés par la tradition. Il faut surtout veiller à ce que le changement se passe de manière consensuelle sans que les acteurs spécifiques ne se sentent engagés dans un processus coercitif de domination.

Le but est de redéfinir les rôles de chacun dans une logique de relation, d’échange et de coopération.

En d’autres mots, aider les femmes à acquérir une indépendance économique par l’accès à la formation et à l’enseignement, par l’accès à la terre et en lui donnant les facilités pour maîtriser les filières agricoles ainsi qu’au crédit pour soutenir leurs activités et aussi faire évoluer les traditions pour qu’une autre répartition des pouvoirs se mette en place sans conflit.

Et cela nécessite un schéma de formation complété d’une action de suivi-accompagnement de manière à ne pas séparer l’apprentissage personnel permanent des exigences de la réalité de la vie quotidienne.

Il faut donner à tous un accès équitable aux ressources et au pouvoir et la femme peut devenir un agent capital de changement, si elle est inscrite dans un mouvement fédérateur de développement rural intégré.

L’écoute  des associations de femmes (principalement celles qui ont déjà un vécu d’épanouissement collectif au travers de diverses actions), qu’elles ont pris conscience de la nécessité de faire plus et mieux par un travail collectif.

Mais il manque l’encadrement de formation qui va leur permettre de concrétiser la mise en place de nouvelles activités.

Il faudra donc dans un premier temps aider les personnes intéressées à réfléchir aux problèmes qui les concernent et à définir des voies de solution. C’est une phase de questionnement.

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Il faut sensibiliser et engager la communauté par un processus permanent d'accompagnement dans la mise en place d'une  dynamique de prise en charge.

Il doit permettre de faire l’état des problèmes en synergie avec les acteurs de la zone concernée (associations villageoises, mairie, préfectures, etc.), à trouver et sensibiliser les acteurs et les actrices à enclencher les premiers éléments de renforcement des capacités.

Il y aura ensuite une phase de maturation qui devra déboucher sur les solutions et les moyens à mettre en œuvre, et offrir l’occasion d’analyser les opportunités offertes par l'environnement socio-économique de la communauté. Comment consolider l'acquis et préparer le passage à un développement permanent ?

Son objet est de renforcer les capacités (agricoles, en élevage en gestion, etc.) à partir des résultats de la phase de questionnement et d’analyser les opportunités offertes par l'environnement socio-économique de la communauté pour consolider l'acquis et préparer le passage à un développement permanent.

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Les outils de ce passage doivent impérativement répondre aux critères suivants :

  • Tout en étant pertinentes et cohérentes avec les besoins exprimés par les acteurs rencontrés, elles ne doivent pas être réductrices et se limiter à des solutions techniques lourdes en investissements.
  • Elles doivent viser à un renforcement des capacités des acteurs.
  • Elles doivent présenter les outils qui vont en assurer la pérennisation.
  • Elles doivent pouvoir être mise en place par les acteurs de la zone concernée avec l’appui discret de partenaires extérieurs.

Enfin, il y aura la phase de mise en place des moyens.

Elle doit permettre de réunir toutes les conditions nécessaires pour que les objectifs de développement intégré soient pris en charge par l'ensemble de la communauté. Se débarrasser.

Cette troisième phase consisterait à finaliser la stratégie d’une manière formelle et consensuelle pour s’assurer que la communauté est devenue indépendante de toute ingérence extérieure qui ne soit pas sollicitée par des nouvelles exigences de développement.

27/03/2014

Mais cela c’était avant

La Journée Internationale de la Femme vient d’avoir lieu le 8 mars dernier pour  rappeler à ce que chacun et chacune prennent conscience des exactions qui la menace dans notre écosystème.

Mais faut-il qu’une journée soit suffisante pour qu’une prise de conscience se traduise en faits. Chacun sait qu’il faut ralentir à l’approche d’un radar et que le pied devient plus léger la menace dépassée.

Elle porte son lot de souffrance et son lot d’injustice dans un monde qui ne finit pas de porter la virilité comme symbole de force et de résistance, comme une arme de destruction massive, comme un objet absolu de pouvoir.

Femme objet perdue et ignorée dans beaucoup de paysages culturels, elle essaye de devenir actrice de son propre destin, principalement dans l’environnement agricole.

Nous avions évoqué cette lente progression lors d’un dernier billet.

A partir d’une infographie réalisée par la FAO avec la collaboration de « Farming First », montrons quelques éléments indicatifs de base:

Part des femmes dans la main-d'œuvre agricole

Les femmes constituent en moyenne 43 pour cent de la main-d'œuvre agricole dans les pays en développement et les deux-tiers environ des 600 millions d'éleveurs pauvres dans le monde.

SOURCE: FAOSTAT

Farming First - Women in Agriculture

Ménages dirigés par une femme

Beaucoup de ménages sont généralement dirigés par des femmes, mais elles n’ont qu’un accès limité aux ressources productives et aux services. 

SOURCE: FAO

Farming First - Women in Agriculture 

Droits fonciers: Proportions d’hommes et de femmes parmi les exploitants agricoles dans les principales régions en développement

Dans de nombreuses sociétés, les lois, la tradition et l’accès empêchent les femmes de posséder des terres ou d’en hériter.

 SOURCE: FAO

Farming First - Women in Agriculture

Nous avions aussi mis l’accent sur les efforts prodigués par des organisations maliennes de défense de la femme pour leur donner une place plus active dans leur communauté, et principalement dans le secteur rural.

Les deux vidéos ci-dessous illustrent bien la situation de la femme au Mali, telle qu’elle nous a été décrite, ainsi que les stratégies mises en place par certaines ONG.

 

La femme joue un rôle central dans le développement de l’agriculture tant au niveau de la préparation des terres, que du processus de production, de récolte, de stockage, de transformation et de commercialisation.

Pour autant doit-elle cesser d’être considérée comme un objet mais comme une actrice à part entière du développement.

Deux grands obstacles,

L’alphabétisation qui fait dire à l’un des hommes interrogés : « Au début, on pensait que les écoles étaient faites pour les hommes. »

La tradition qui freine l’accession de la femme à la terre. Elle n’a le droit de cultiver qu’une petite parcelle, pour un temps limité, uniquement pour subvenir aux besoins de subsistance. Beaucoup de freins sont mis en place par la coutume pour éviter que les femmes ne s’accaparent les terres et qu’elles acquièrent une indépendance économique.

Il y a des phrases extraites de ce film qui en disent long sur l’avant et l’après.

« Avant, il y avait un manque de sensibilisation. Je ne pouvais pas discuter avec mon mari, ni manger dans le même plat que lui. Je croyais que c’était un interdit. Ce n’était pas de la peur, c’était de l’ignorance. »

« Mon propre mari avait refusé de me donner ce champ. Je l’ai supplié de me le laisser car la récolte est destinée à la consommation familiale. Finalement, il me l’a cédé mais seulement après la période de semence. »

« C’est là notre champ collectif mais quelqu’un a essayé de nous le retirer. Cela n’a pas été facile de conserver ce champ. Notre coopérative a payé 22 500 FCFA pour faire labourer le champ. On a cultivé et pour ne pas prendre le risque que le monsieur ne brûle notre production, nous avons vendu le maïs à l’état frais. Pourtant les revenus de ce champ sont destinés aux besoins du village. »

Il fallait engager une stratégie d’affranchissement de la femme des stéréotypes sociaux coercitifs véhiculés par la tradition.

Il fallait permettre aux femmes d’accéder à la terre, d’accéder aux fonctions de production et de pouvoir accéder comme un acteur dans les instances de décision et de consultation.

En d’autre mot, aider les femmes à acquérir une indépendance économique par l’accès à la formation et à l’enseignement, par l’accès à la terre et en lui donnant les facilités pour maîtriser les filières agricoles ainsi qu’au crédit pour soutenir leur activité.

Une loi d’orientation agricole relativement récente a concrétisé un mouvement  de libéralisation appuyé par des ONG qui ont favorisé l’émergence de groupements et de coopératives de femmes.

« Au moment de la cotonculture, j’étais trop jeune. C’était une époque où les gens n’avaient pas le sens de la gestion. Dès qu’il y avait une production, elle était aussitôt consommée, et quand c’était épuisé, c’était la misère. En appuyant la femme, on nourrit son mari, ses enfants, ses petits enfants, sa belle fille, les hôtes de son mari et les parents du mari. »

« Aujourd’hui, avec les changements, la femme peut gagner son propre argent. Nous ne gardons plus d’argent liquide, nous l’investissons. Certaines d’entre nous achètent des maisons, des parcelles et des périmètres maraîchers. Aujourd’hui, on a beaucoup plus de frais qu’avant mais on a aussi plus de solutions parce qu’on a plus de revenus. »

Grâce aux efforts de beaucoup d’institutions internationales et d’organisations non gouvernementales, un vaste mouvement de renforcement des compétences des femmes comme opératrices économiques se met en place.

Il passe par l’éducation, par la formation à l’acquisition des besoins spécifiques dans le développement rural.

Il devrait se poursuivre de manière plus générale en les inscrivant dans une logique des projets plus généraux de développement rural intégré, afin d’accéder à un accès équitable des femmes et des hommes aux ressources et aux pouvoirs afin d’assurer la sécurité alimentaire.

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Si un pays comme le Mali veut développer son agriculture elle doit pouvoir développer en amont tout ce qui favorise l’agriculture et en aval tout ce qui permet de créer de la valeur ajoutée.

C'est un défi qui rassemble les besoins de lutte contre la pauvreté, de combat contre les disettes, d'équilibre sociétal et de respect du genre.

03/03/2014

La diaspora malienne, acteur du développement.

Nous pensons savoir pourquoi ils s’en ont allés au loin chercher un mieux pour leur famille et pour eux-mêmes.

Mais cela veut-il dire qu’ils pensent revenir au pays :

« comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge ! »

Ils s’en vont pour ne pas devenir des désoeuvrés dans leur communauté. Ils ne s’en vont pas pour conquérir le monde mais pour survivre et veiller à leur manière sur leur village.

Perdus dans leur propre cocon, chacun essaie de se trouver une voie de survie dans le grand nulle part.

Pour y répondre, ils peuvent emprunter la piste qui mène vers un meilleur horizon ou vers le désespoir encore plus absolu.

Les plus chanceux vont faire des études à l’étranger, d’autres vont retrouver l’appui des membres de leur fratrie ou de leur communauté pour tracer leur route.

Les plus démunis vont errer dans leur désespérance et devenir une proie facile pour les tentations fallacieuses sans savoir si demain ressemblera à leurs rêves d’hier.

Et puis il y a la question du retour.

Elle se pose plus ouvertement aujourd’hui en raison de la crise économique que vit le monde occidental. Il y a aussi la confrontation plus vive avec une politique populiste et hypocrite qui encourage le « c’était mieux ailleurs car nous étions entre nous ».

Vu d’Europe ou de France, la précarité de l’emploi vécue encore plus cruellement par le migrant malien va être un élément de réflexion.

Mais pour faire quoi ?

Le détenteur d’un diplôme, ou d’une compétence particulière, songera peut-être à les mettre au service de son pays d’origine. Mais il connaît aussi les réalités du terrain.  Des salaires et des conditions de travail sans commune mesure avec ce qui existe en Europe. Des infrastructures capricieuses, un climat social et politique hasardeux, éléments qui vont peser dans la balance pas toujours au profit du retour au pays.

Il y a aussi la tentation de la création d’entreprise. Aventure pour ceux qui ne possèdent pas la fibre entrepreneuriale, tentation irrésistible pour d’autres qui sentent germer en eux le besoin de développer leurs idées novatrices. Cela reste malgré tout une aventure d’autant plus exigeante qu’elle est plus solitaire qu’ailleurs.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer M. Modibo Baba Malet, porteur du projet Migration à l’ANPE-Mali, ainsi qu’avec des membres de son équipe, Mme Camara et M. Housseiny Touré.

Le Mali, dans la foulée de la grave crise politique qu’il affronte, prend de plus en plus la mesure du riche potentiel qu’offre la diaspora pour donner une assise plus solide à sa nécessaire mutation sociale et économique.

La problématique de l’emploi reste fortement liée à une dynamique d’environnement de travail, de formation, de recherche de compétences et de leur adéquation à une stratégie concertée de développement.

L’ANPE se doit d’être un acteur majeur dans l’accompagnement des migrants au retour. 

Déjà un premier outil vient d’être mis en place, le PAREM, Programme d’Aide au Retour à l’Emploi au Mali.

Cette convention signée avec la France et l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) en particulier, a pour objet, dans une première année d’application, de faciliter l’insertion de 20 étudiants maliens diplômés, tentés par le retour au pays, à condition qu’ils possèdent les compétences en adéquation avec les besoins des entreprises présentes au Mali.

L’ANPE aimerait aussi pouvoir se renforcer dans le cadre de l’auto-emploi.

Nous avons aussi rencontré M. Faféré Kanouté, directeur de l’Atelier Ecole de Kayes, qui relève également de l’ANPE.

Pour l’étranger que je suis, les foyers actifs de l’immigration malienne sont originaires de la ville de Kayes. Effectivement avec l’aide de différents partenaires tels que la ville de Montreuil, le SIAD (Service International d'Appui au développement), on assiste à un développement important de projets de développement économiques portés par des migrants dans les cercles de Kayes et de Yélimané.

Cet Atelier-Ecole a également piloté des formations de jeunes migrants à l’électrification rurale et à la fonction de gestionnaires de micro-réseaux. et continue à jouer un rôle local actif dans l’insertion professionnelle et dans la détection des emplois qualifiants.

Mais les foyers de l’immigration malienne ne restent pas limités à la ville de Kayes.

Une étude publiée en janvier 2013, intitulée « La dynamique associative des Maliens de l’extérieur », menée par l’Ecole d’Economie de Paris, l’UMR DIAL et IRD-Paris Dauphine, montre que l’engagement associatif des Maliens en France comme à l’étranger touche  aussi des ressortissants de villes comme Koulikoro, Mopti, Sikasso,et Ségou.

De toute évidence, il y a une nécessité de renforcer ces stratégies par une communication plus active vers les membres de la diaspora. M. Malet en est le premier convaincu. Dans cette optique, toutes les pistes susceptibles de créer des relais d’information vers la diaspora en France et ailleurs pour assurer la promotion d’outils comme le PAREM ou d’autres plus orientés vers la création d’entreprise.

La nouvelle identité du pays va dépendre de l’intégration des migrants dans son tissu social et économique. Ballotté entre un coup d’état, un coup de chaleur de sécession touarègue, et surtout un énorme mouvement terroriste, le pays doit toujours éradiquer un grand nombre de déviances qui avaient été dénoncées au départ du Président Amadou Toumani Touré.

Certes des nouvelles élections ont eu lieu dont une présidentielle largement soutenue par la population. Mais cela n’a pas donné le temps au Mali de mettre en place les réformes nécessaires, peut-être par manque d’ouverture politique mais aussi parce que le cadre adéquat d’une autre gouvernance ne pouvait être renouvelé. Le risque, revenir aux vieux démons.

Or les gisements de cet encadrement existent dans la diaspora. Il y a là toute une communauté qui vit dans une double culture et dans l’amour et le respect de son pays.

Comme je le disais dans un billet écrit en juin 2013, 

« le Mali, et surtout sa diaspora, a bien saisi cette nécessité d’agir car elle a pour essence essentielle, la solidarité et le respect du pays. Elle a pris la distance nécessaire pour pouvoir garder un oeil critique et entretenir sa liberté de juger.

La plupart de ses membres a vécu durement pour pouvoir partager leurs gains avec leurs parents et leur communauté.

Elle a le désir d’en devenir un acteur du processus de reconstruction. »

Comme on peut le voir aujourd’hui dans la naissance de la l’Association de la diaspora malienne pour le Développement.

Elle ne se contente pas d’être une observatrice vigilante de l’évolution de la situation au pays.

A l’ANPE de créer des réseaux et assurer le relais avec toute la structure associative de la diaspora malienne et ceux qui contribuent à se mobiliser.

A l’ANPE de renforcer ces initiatives en identifiant les besoins en compétences, en créant avec d’autres associations au sein même des communautés des groupes de projet, en offrant la possibilité à certains acteurs de pouvoir faire des essais ou d’assurer des missions temporaires de développement.

A l’ANPE aussi de prendre en marche le train des réseaux sociaux.

A l’ANPE enfin et au gouvernement de se donner les moyens d’une stratégie pragmatique de retour au pays.